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Lauryn Vieira "Prouver aux gens que ma taille ne veut rien dire"

3 avril 2026 par
Lauryn Vieira "Prouver aux gens que ma taille ne veut rien dire"
Djassam

La meneuse de Reims, Lauryn Vieira (1,59 m, 24 ans), est la plus petite joueuse du championnat. Meilleure passeuse de Ligue Féminine 2, elle démontre semaine après semaine que sa taille n’est pas un handicap.


On vous a redécouvert la saison dernière à Reims en NF1, après cinq années passées aux États-Unis. Qu’est-ce qui vous a motivé à l’époque ?

Après une saison à Annemasse en NF1, c’est une ancienne coéquipière rencontrée en Suisse qui m’a poussée à partir. Elle est devenue mon assistante coach dans un Junior College dans le Kansas (Northwest Kansas Technical College). Elle m’a beaucoup aidé car au niveau de la langue, je suis partie de zéro. C’était un petit campus. Je me suis vite adaptée car je suis très sociable. Après deux ans, je suis partie en division II NCAA en Floride.


Vous avez été élue joueuse de l’année de votre conférence à l’université d’Eckerd, trois fois meilleure défenseur. À quoi ressemble le basket en D2 NCAA ?

C’est largement moins physique et moins intense qu’ici. Mais c’est un basket plus organisé sur demi-terrain. Il n’y avait qu’une Américaine dans l’équipe. Humainement, c’était un peu comme une deuxième famille. Cela fait du bien quand tu es loin des tiens.


Une fois votre diplôme en poche, quel était le plan ?

C’était vraiment de revenir en France, et de jouer au plus haut niveau. J’essaie d’y aller petit à petit. Au début c’était dur, même baskettement parlant. Il a fallu un temps d’adaptation. Et puis, à côté, le fait d’habiter toute seule, de m’adapter à une nouvelle routine. À partir de Noël, c’était acquis.


En plus d’être le fer de lance de la meilleure équipe de NF1, votre personnalité a conquis tout le monde à Reims. Comment avez-vous vécu cette première saison ?

Déjà je suis heureuse d’avoir fait partie d’une équipe qui est remontée la première année. Une équipe qui ressemblait un peu à ma personnalité, joyeuse, qui avait envie de se donner. Cela a été l’une de mes meilleures années en France. On s’est vraiment bien entendu avec le coach dès le début.


Est-ce que vous appréhendiez le changement de division ?

Pas vraiment. Le niveau général de la Ligue Féminine 2 est un peu redescendu par rapport à l’année dernière parce que des joueuses sont montées dans La Boulangère Wonderligue. Beaucoup découvrent la Ligue Féminine 2 comme moi donc je n’avais pas vraiment de peur par rapport à cela.


Vous continuez à noircir toutes les colonnes statistiques : meilleure passeuse de Ligue 2 (6,5), quatrième meilleure intercepteuse (3,1), meilleure éval de votre équipe (13,3) …

C’est mon but de montrer ce que je sais faire et de prouver aux gens que ma taille ne veut rien dire. Avant, je me faisais beaucoup tailler sur cela. Maintenant, c’est un peu mon challenge.


En effet, vous êtes la plus petite joueuse du championnat mais vous êtes très costaud. Vous compensez votre manque de centimètres par votre volume physique ?

J’essaie de ne pas me faire poster (rires). J’essaie toujours de changer avec les filles de l’équipe si je me retrouve dans un post up. Tout le monde essaie mais, pour l’instant, ce n’est pas trop un problème.


Ce n’est que votre deuxième saison en France. Vous n’avez pas encore 25 ans. Estimez-vous avoir encore une bonne marge de progression ?

Bien sûr, il y a toujours matière à progresser. Mon goal, c’est d’intégrer La Boulangère WonderLigue donc j’ai besoin de progresser. J’ai cet objectif depuis longtemps, et même de jouer en Équipe de France peut-être un jour. C’est toujours dans un coin de ma tête.


Les Pétillantes réalisent un bon parcours (6e avec 13-9). Le maintien est assuré. La qualification en playoffs est en bonne voie. Y a-t-il un coup à jouer en playoffs dès cette saison ?

Oui, il y a un coup à jouer parce qu’on est une très bonne équipe. On fait peur à tout le monde un peu partout. On a des dangers du poste de meneuse jusqu’à l’intérieur. Tout le monde est battable en Ligue Féminine 2 cette année. Il n’y a pas une équipe plus haute que les autres. On peut faire quelque chose.


Propos recueillis lors d'une interview par Basketball Magazine

Photo Manon Lahaye / Champagne Basket Féminin